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Droits de succession 2026 : abattements, barèmes et stratégies pour payer moins

Par Sophie Andrade· Spécialiste retraite & transmission✓ Sources officielles vérifiées

Mis à jour le 17 juin 2026 · 11 min de lecture

Mains d'une personne âgée tenant celles d'un adulte plus jeune, symbole de la transmission d'un patrimoine familial

Les droits de succession peuvent représenter de 5 % à 60 % de la valeur du patrimoine transmis selon le lien de parenté. Mais des leviers légaux permettent de les réduire considérablement — à condition d'anticiper.

Comment fonctionne la fiscalité successorale en France ?

À chaque transmission par décès (ou donation), l'administration fiscale applique un calcul en trois étapes :

  1. On détermine la part taxable de chaque héritier (valeur des biens reçus)
  2. On soustrait l'abattement personnel selon le lien de parenté
  3. On applique le barème progressif sur la base nette

Le résultat peut aller de 0 € (conjoint marié/pacsé, totalement exonéré depuis la loi TEPA 2007) à 60 % (personne sans lien de parenté).

Les abattements par lien de parenté en 2026

L'abattement est déduit de la part de chaque héritier avant calcul des droits. Il se renouvelle tous les 15 ans.

Lien de parentéAbattement personnelRenouvellement
Enfant (ou petit-enfant par représentation)100 000 €Tous les 15 ans
Conjoint marié ou partenaire de PACSExonération totale
Frère ou sœur15 932 €Tous les 15 ans
Neveu ou nièce7 967 €Tous les 15 ans
Autre (concubin, ami, enfant du conjoint...)1 594 €Tous les 15 ans
Personne handicapée+ 159 325 € supplémentaires

Clé de lecture : Un enfant peut recevoir jusqu'à 100 000 € de son parent sans payer un centime de droits. Un parent qui a deux enfants peut leur transmettre 200 000 € en franchise de droits tous les 15 ans via des donations.

Le barème progressif selon le lien de parenté

En ligne directe (enfants, petits-enfants)

Tranche (base nette après abattement)Taux
Jusqu'à 8 072 €5 %
De 8 073 € à 12 109 €10 %
De 12 110 € à 15 932 €15 %
De 15 933 € à 552 324 €20 %
De 552 325 € à 902 838 €30 %
De 902 839 € à 1 805 677 €40 %
Au-delà de 1 805 677 €45 %

Entre frères et sœurs

TrancheTaux
Jusqu'à 24 430 €35 %
Au-delà45 %

Non-parents (concubin, ami, enfant du conjoint)

Taux fixe : 60 % sur la totalité après l'abattement de 1 594 €.

Cas pratique : droits réels à payer

Patrimoine de 500 000 €, deux enfants :

  • Part de chaque enfant : 250 000 €
  • Abattement par enfant : −100 000 €
  • Base taxable par enfant : 150 000 €
  • Droits par enfant (barème en ligne directe sur 150 000 €) : environ 27 818 €
  • Droits totaux : 55 636 €

Avec une donation anticipée de 100 000 € par enfant (15 ans avant le décès), les droits tombent à zéro.

5 leviers légaux pour réduire les droits de succession

1. La donation de son vivant (le plus efficace)

Chaque parent peut donner 100 000 € par enfant tous les 15 ans en franchise de droits. Un couple avec 2 enfants peut transmettre 400 000 € sans payer un centime. Commencez tôt — la règle des 15 ans exige d'anticiper. Voir notre guide donation de son vivant.

2. L'assurance vie (hors succession)

Les capitaux transmis via une assurance vie ne font pas partie de la succession. Chaque bénéficiaire (quel que soit son lien) reçoit jusqu'à 152 500 € sans droits sur les versements effectués avant les 70 ans du défunt. C'est le levier le plus puissant pour transmettre à un concubin ou un enfant du conjoint. Voir notre guide assurance vie et succession.

3. Le démembrement de propriété

Donner la nue-propriété d'un bien à vos enfants (vous conservez l'usufruit) réduit la valeur fiscale transmise. À 60 ans, la nue-propriété est évaluée à 50 % de la pleine propriété — vous transmettez ainsi 500 000 € de bien pour une valeur fiscale de 250 000 €.

4. Le pacte Dutreil (entreprises familiales)

Pour la transmission d'entreprises familiales, le pacte Dutreil permet un abattement de 75 % sur la valeur des titres, sous conditions d'engagement de conservation.

5. La SCI familiale

La SCI familiale permet de fractionner un bien immobilier en parts et de les donner progressivement aux héritiers. Elle permet aussi d'appliquer une décote de 10 à 20 % sur la valeur des parts (illiquidité).

Pour estimer vos droits, utilisez notre simulateur de droits de succession.

Méthodologie

Les abattements et barèmes sont issus des articles 779, 777, 788 et 790 G du CGI, actualisés selon le BOFiP en vigueur au 1er janvier 2026. L'exonération du conjoint est issue de la loi TEPA du 21 août 2007. Données vérifiées en juin 2026.

Ce qu'il faut retenir

  • Le conjoint marié ou pacsé est totalement exonéré de droits de succession depuis 2007 — c'est la meilleure protection automatique.
  • L'abattement de 100 000 € par enfant se renouvelle tous les 15 ans : une donation faite tôt efface complètement une tranche de 100 000 €.
  • L'assurance vie transmet jusqu'à 152 500 €/bénéficiaire hors succession — y compris à des non-parents qui auraient été taxés à 60 %.
  • Le démembrement (donation de la nue-propriété) réduit la valeur fiscale du bien de 30 à 60 % selon l'âge du donateur.

Questions fréquentes

Les droits de succession sont-ils dus immédiatement au décès ?

Oui. La déclaration de succession doit être déposée dans les 6 mois suivant le décès (12 mois si le décès a eu lieu à l'étranger), et les droits sont exigibles à cette date. Des facilités de paiement existent (paiement différé et fractionné) pour les successions comprenant des biens professionnels ou illiquides, sous conditions et moyennant un intérêt.

Les dettes du défunt réduisent-elles les droits de succession ?

Oui. Les dettes certaines et liquides au jour du décès (emprunts, factures, impôts dus) sont déductibles de l'actif successoral. Les frais funéraires sont déductibles à hauteur de 1 500 € forfaitaires. Les droits de succession sont donc calculés sur la valeur nette (actif - passif).

Un enfant adopté hérite-t-il comme un enfant biologique ?

L'enfant adopté pleinement (adoption plénière) a exactement les mêmes droits successoraux et fiscaux qu'un enfant biologique : abattement de 100 000 €, barème en ligne directe. L'enfant adopté simplement bénéficie des mêmes abattements fiscaux mais conserve aussi ses droits dans sa famille d'origine.

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