Immobilier

Frais de notaire 2026 : combien ça coûte et comment les réduire ?

Par Thomas Durand· Expert fiscalité & patrimoine✓ Sources officielles vérifiées

Mis à jour le 15 juin 2026 · 10 min de lecture

Façade d'un élégant immeuble haussmannien parisien avec balcons en fer forgé

Lors d'un achat immobilier, les frais de notaire représentent entre 2 et 8 % du prix de vente selon le type de bien. Pour un appartement ancien à 300 000 €, comptez environ 22 000 à 24 000 €. Voici ce que vous payez réellement, et comment alléger la facture.

Ce que sont vraiment les « frais de notaire »

Le terme « frais de notaire » est en réalité inexact. Sur les 7 à 8 % payés lors d'un achat dans l'ancien, les honoraires du notaire ne représentent qu'environ 1 %. L'essentiel — plus de 75 % — correspond à des taxes reversées à l'État et aux collectivités locales.

La décomposition exacte comporte quatre postes :

  1. Les droits de mutation à titre onéreux (DMTO) : c'est la principale composante. Ils représentent 5,80665 % du prix de vente dans la majorité des départements. Ce taux se décompose en : 4,50 % pour le département, 1,20 % pour les communes, et 0,10665 % pour le Fonds national de péréquation. Certains départements pratiquent un taux réduit à 5,09 % (avec les 3,80 % au lieu de 4,50 %).

  2. Les émoluments du notaire : réglementés par décret (barème 2020), ils sont proportionnels au prix de vente selon un barème dégressif à 4 tranches : 3,945 % jusqu'à 6 500 €, 1,627 % de 6 500 à 17 000 €, 1,085 % de 17 000 à 60 000 €, 0,814 % au-delà. La TVA à 20 % s'applique sur ces honoraires. Sur un bien à 300 000 €, les émoluments TTC atteignent environ 3 300 €.

  3. La contribution de sécurité immobilière : 0,10 % du prix de vente (minimum 15 €), reversée à l'État pour financer le service de publicité foncière.

  4. Les débours : frais avancés par le notaire pour votre compte — extraits cadastraux, documents d'urbanisme, copies d'actes, frais de géomètre. Comptez environ 700 à 900 € de façon forfaitaire.

Taux pratiqués en 2026 selon le type de bien

Bien immobilier ancien (plus de 5 ans)

C'est le cas le plus courant et le plus chargé fiscalement : 7 à 8 % du prix d'achat. Pour un achat à 250 000 €, les frais totaux s'élèvent à environ 18 000–20 000 €.

Bien immobilier neuf (VEFA, moins de 5 ans)

La TVA est déjà intégrée dans le prix de vente. Les droits de mutation sont réduits à seulement 0,715 %. Au total, les frais de notaire dans le neuf ne représentent que 2 à 3 % du prix. Un appartement à 300 000 € en VEFA génère environ 7 000 à 9 000 € de frais.

Terrain à bâtir

Même régime que l'ancien pour les DMTO (5,80665 %). Les frais totaux atteignent 7 à 8 %, comme un bien ancien.

Les 3 leviers légaux pour réduire les frais de notaire

1. Déduire la valeur des meubles

Les droits de mutation ne s'appliquent que sur les biens immobiliers, pas sur les meubles. En séparant, dans le compromis de vente, la valeur des meubles meublants (cuisine équipée encastrée, électroménager, luminaires, meubles de rangement intégrés) du prix de l'immeuble, vous réduisez l'assiette taxable.

La limite légale est de 5 % de la valeur totale du bien, et vous devez pouvoir justifier les prix par des factures. Sur un bien à 300 000 € avec 10 000 € de meubles, vous économisez environ 580 € sur les DMTO.

2. Inclure les frais d'agence dans le prix

En optant pour un achat sans agence ou en négociant que les honoraires d'agence soient à la charge du vendeur (et donc intégrés dans le prix de vente), vous réduisez le « prix d'achat » sur lequel sont calculés les droits de mutation.

À l'inverse, si vous achetez avec des honoraires « à la charge de l'acquéreur », ceux-ci viennent s'ajouter à l'assiette des DMTO.

3. Négocier les émoluments (sous conditions)

Depuis 2021, les notaires peuvent consentir une remise maximale de 20 % sur leurs émoluments pour les biens d'une valeur supérieure à 150 000 €. Cette remise est plafonnée, rarement accordée pour des montants standards, et ne porte que sur la part d'émoluments (pas sur les taxes). Demandez-la explicitement lors du choix de votre notaire.

L'apport personnel et les frais de notaire

La règle d'or des banques : votre apport personnel doit couvrir a minima les frais de notaire (7-8 % pour l'ancien). Certaines accordent des prêts à 110 % (financement du bien + frais), mais ils sont plus rares depuis 2022 et exigent un excellent dossier.

Si vous achetez dans le neuf, les banques sont plus souples : avec 5 % d'apport (correspondant aux 2-3 % de frais + une petite réserve), certains dossiers passent. C'est l'un des avantages structurels du neuf pour les primo-accédants.

Calendrier de paiement

Les frais de notaire sont dus le jour de la signature de l'acte authentique, c'est-à-dire lors du rendez-vous chez le notaire pour la remise des clés. Ils sont versés directement au notaire, qui redistribue ensuite les taxes aux administrations concernées.

Attention : lors de la signature du compromis ou de la promesse de vente (environ 3 mois avant l'acte définitif), le notaire peut demander une provision de 5 000 à 10 000 € à valoir sur les frais totaux.

Méthodologie & sources

  • Décret n° 2020-179 du 28 février 2020 (barème des émoluments notariaux)
  • Code général des impôts, art. 683 (droits de mutation)
  • Conseil supérieur du notariat — guide des frais de notaire 2026

Ce qu'il faut retenir

  • Les frais de notaire représentent 7-8 % pour l'ancien et seulement 2-3 % pour le neuf — un écart qui peut atteindre 15 000 € sur un bien à 300 000 €.
  • Plus de 75 % des frais sont des taxes (DMTO à 5,81 %) reversées à l'État et aux collectivités, pas des honoraires.
  • Déduire la valeur des meubles de l'assiette taxable est le levier le plus simple pour réduire légalement les frais.
  • L'apport doit couvrir a minima les frais de notaire pour obtenir un crédit immobilier dans de bonnes conditions.

Questions fréquentes

Peut-on emprunter les frais de notaire ?

Oui, via un prêt à 110 % (le bien + les frais). C'est possible mais rare depuis 2022 : les banques l'accordent aux dossiers solides (revenus stables, peu d'endettement). La plupart préfèrent un apport personnel couvrant au moins les frais de notaire.

Les frais de notaire sont-ils déductibles des impôts ?

Pour une résidence principale, non. Pour un investissement locatif en régime réel, les frais d'acquisition (dont les frais de notaire) peuvent être déduits des revenus fonciers ou inclus dans la base amortissable en LMNP. Pour une plus-value, ils s'ajoutent au prix d'acquisition et réduisent donc la plus-value imposable.

Les frais de notaire sont-ils les mêmes partout en France ?

Presque. Les émoluments notariaux sont nationaux (barème décret). En revanche, les DMTO peuvent varier : quelques départements (Indre, Isère, Mayotte et quelques autres) ont maintenu le taux réduit de 3,80 % au lieu de 4,50 %, ramenant le total DMTO à environ 5,09 % contre 5,81 %.

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