Fiscalité
Plus-value immobilière 2026 : calcul, abattements et optimisation fiscale
Mis à jour le 15 juin 2026 · 12 min de lecture

La vente d'un bien immobilier autre que votre résidence principale génère en principe une plus-value taxée à 36,2 % (19 % d'IR + 17,2 % de prélèvements sociaux). Mais des abattements progressifs peuvent ramener cet impôt à zéro. Voici les règles 2026.
Comment se calcule la plus-value imposable
La plus-value brute
La plus-value brute est la différence entre le prix de cession et le prix de revient du bien :
PV brute = Prix de cession − Prix d'acquisition − Travaux déductibles
Le prix d'acquisition comprend le prix payé à l'achat plus les frais d'acquisition (frais de notaire réels ou forfait de 7,5 %). Si vous ne pouvez pas justifier les frais réels, le forfait de 7,5 % du prix d'acquisition s'applique automatiquement.
Les travaux déductibles sont les dépenses de construction, agrandissement ou amélioration réalisées par des entreprises (factures obligatoires). Alternative : si vous détenez le bien depuis plus de 5 ans et n'avez jamais déduit ces travaux pour vos revenus fonciers, vous pouvez appliquer un forfait travaux de 15 % du prix d'acquisition sans justificatif.
Les taux d'imposition
Sur la plus-value nette (après abattements), deux prélèvements s'appliquent :
- Impôt sur le revenu : 19 %
- Prélèvements sociaux : 17,2 % (CSG 9,2 %, CRDS 0,5 %, prélèvement de solidarité 7,5 %)
- Total : 36,2 % (sans surtaxe)
Les abattements pour durée de détention
C'est le principal mécanisme d'allègement. Les abattements s'appliquent sur la plus-value brute, séparément pour l'IR et les prélèvements sociaux.
Pour l'impôt sur le revenu (IR)
| Durée de détention | Abattement annuel | Abattement cumulé |
|---|---|---|
| 0 à 5 ans | 0 % | 0 % |
| 6ème année | 6 % | 6 % |
| 7ème à 21ème année | 6 % par an | jusqu'à 96 % |
| 22ème année | 4 % | 100 % → exonéré |
Exonération totale d'IR après 22 ans de détention.
Pour les prélèvements sociaux (PS)
| Durée de détention | Abattement annuel | Abattement cumulé |
|---|---|---|
| 0 à 5 ans | 0 % | 0 % |
| 6ème à 21ème année | 1,65 % par an | jusqu'à 26,4 % |
| 22ème année | 1,60 % | 28 % |
| 23ème à 30ème année | 9 % par an | jusqu'à 100 % |
Exonération totale de PS après 30 ans de détention.
La surtaxe sur les plus-values importantes
Pour les plus-values nettes (après abattement IR) supérieures à 50 000 €, une taxe supplémentaire s'applique :
| Plus-value nette IR | Surtaxe |
|---|---|
| 50 001 € à 100 000 € | 2 % |
| 100 001 € à 150 000 € | 3 % |
| 150 001 € à 200 000 € | 4 % |
| 200 001 € à 250 000 € | 5 % |
| Au-delà de 250 000 € | 6 % |
Cette surtaxe s'ajoute aux 19 % d'IR, portant la taxation globale à 25 % (+ les 17,2 % de PS).
Les principales exonérations
1. La résidence principale (art. 150 U II 1° CGI)
C'est l'exonération la plus large : toute cession de résidence principale est totalement exonérée, sans condition de durée de détention, à condition que vous l'occupiez effectivement à la date de la vente. Si vous avez quitté le logement avant la vente, vous disposez d'un délai raisonnable (généralement accepté à 1 an maximum).
2. La première cession d'un logement non-résidence principale
Exonération totale si vous n'avez pas été propriétaire de votre résidence principale dans les 4 années précédant la cession, ET si vous réemployez le prix de cession pour acquérir votre résidence principale dans les 24 mois suivants. L'exonération est proportionnelle si le remploi est partiel.
3. Cession de faible valeur (< 15 000 €)
La plus-value est exonérée lorsque le prix de cession ne dépasse pas 15 000 €.
4. Personnes âgées ou invalides (sous conditions de revenus)
Certaines personnes en maison de retraite ou en foyer d'accueil médicalisé bénéficient d'une exonération sur la cession de leur ancienne résidence principale, sous conditions de ressources.
Stratégies d'optimisation
Timing de la vente
Si vous approchez de la 22ème ou 30ème année de détention, attendre quelques mois peut réduire significativement votre imposition. À titre d'exemple : une plus-value brute de 150 000 € avec 21 ans de détention est taxée à environ 7 % d'IR ; avec 22 ans, l'IR est nul.
Majorer le prix d'acquisition
Pensez à inclure tous les frais d'acquisition dans votre prix de revient : frais de notaire (réels ou forfait 7,5 %), honoraires d'agence si à votre charge, travaux de construction prouvés. Ces montants réduisent directement la plus-value brute.
Fractionner la vente
Pour un bien avec plusieurs lots (appartements dans un immeuble), vendre en plusieurs fois sur plusieurs années peut permettre de rester sous le seuil de surtaxe de 50 000 €, si les circonstances le permettent.
Réinvestissement dans la résidence principale
La cession d'un logement pour financer l'achat de la résidence principale ouvre droit à l'exonération de première cession (sous les conditions évoquées ci-dessus). C'est un levier particulièrement intéressant pour les locataires qui ont investi dans un bien locatif.
Déclaration et paiement
Contrairement à d'autres revenus, la plus-value immobilière est déclarée et payée le jour de la vente, par l'intermédiaire de votre notaire. Il calcule l'impôt, le déclare et le prélève sur le prix de vente. Vous n'avez pas à reporter ce montant dans votre déclaration de revenus annuelle (sauf si la plus-value est soumise à la surtaxe, auquel cas vous devez la reporter en case 3VZ).
LFI 2025 : pas de changement pour les particuliers
La loi de finances pour 2025 n'a pas modifié le régime de plus-value immobilière des particuliers (art. 150 U à 150 VH CGI). Les abattements pour durée de détention, les taux d'imposition (19 % + 17,2 %) et les exonérations restent inchangés pour 2026.
En revanche, la LFI 2025 a modifié le régime LMNP pour les plus-values professionnelles (réintégration des amortissements dans le calcul), mais cela ne concerne que les cessions par des loueurs meublés non professionnels au régime réel.
Méthodologie & sources
- Code général des impôts, art. 150 U à 150 VH
- Bofip — BOI-RFPI-PVI-20-20 (abattements)
- Loi de finances pour 2025 (LFI 2025, n° 2024-1691)
Ce qu'il faut retenir
- La résidence principale est totalement exonérée de plus-value, sans condition de durée.
- L'exonération totale de la plus-value s'obtient après 22 ans (IR) et 30 ans (prélèvements sociaux) de détention.
- Le taux global d'imposition est de 36,2 % (19 % IR + 17,2 % PS), plus une surtaxe de 2 à 6 % pour les PV nettes > 50 000 €.
- Le forfait travaux de 15 % et le forfait frais de notaire de 7,5 % permettent de majorer le prix de revient sans justificatif.
Questions fréquentes
La plus-value est-elle taxée si je vends ma résidence principale ?
Non. La cession de résidence principale est totalement exonérée de plus-value immobilière, quelle que soit la durée de détention et le montant de la plus-value. Vous devez occuper le logement à la date de la vente.
Quand la plus-value est-elle totalement exonérée ?
L'exonération de l'impôt sur le revenu (19 %) est totale après 22 ans de détention. Celle des prélèvements sociaux (17,2 %) intervient après 30 ans. Entre 22 et 30 ans, seule la partie PS reste due.
Comment calculer la durée de détention ?
La durée de détention se calcule par années entières révolues, entre la date d'acquisition (ou de construction) et la date de cession. La 1ère année commence le jour de l'acquisition. Si vous avez acheté le 15 mars 2004 et vendez le 1er avril 2026, vous avez 22 ans révolus.
La plus-value sur un terrain est-elle soumise aux mêmes règles ?
Oui, les terrains à bâtir suivent les mêmes règles d'abattements et les mêmes taux d'imposition que les autres biens immobiliers. L'exonération résidence principale ne s'applique pas aux terrains.
À lire également
Défiscalisation immobilière 2026 : ce qui remplace le Pinel après sa suppression fin 2024
14 min de lecture
FiscalitéHolding patrimoniale IS 2026 : pourquoi et comment créer la vôtre ?
13 min de lecture
FiscalitéFlat tax 2026 : tout comprendre sur le Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU)
9 min de lecture